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CAETANO VELOSO

En pleine campagne promotionnelle de La Fleur de mon secret , on a atterri à Rio de Janeiro, après être passé sur les plateaux, dans les salles et les fêtes de New York, Los Angeles, Miami et Sao Paulo. C'est avec l'enthousiasme d'un zombie que je contemplais par la fenêtre de ma chambre d'hôtel, une vue sensationnelle de Rio. Je ne voulais plus bouger, je ne pouvais plus. Alors que j'étais cassé, complètement déboussolé par tous les décalages horaires, (envahi par une sensation de vide et pas d'accord avec Rossy de Palma qui adorait le Brésil et ne pensait qu'à faire la fête), on m'apprend qu'on est invité chez Caetano Veloso. Bien que je ne le connaisse pas personnellement, j'ai toujours aimé sa musique. Mais mon état physique et moral, l'idée de bouger, de voir des inconnus, de parler, d'écouter ressemblait à un effort proche du martyre. Pour essayer de me défaire de cet engagement, j'ai invoqué une agonie quelconque, mais Chema Prado, qui accompagnait Marisa Paredes, n'a absolument pas tenu compte de mon état et m'a traîné de force chez Caetano. Aujourd'hui, je lui en suis reconnaissant. Caetano avait donné un concert à Sao Paulo. Il venait d'enregistrer le concert qui allait devenir " Finas estampa ao vivo ". Il nous a fait écouter sa version de Cucurrucucú Paloma et d'un coup, tous mes maux ont disparu. Dés lors, j'ai voulu inclure cette chanson dans l'un de mes films. C'est ainsi qu'un autre rêve avait fini par se réaliser. Dans Parle avec elle, Caetano la chante en direct, accompagné du maître Morelembaun. Comme il n'était pas possible de faire venir tous les musiciens, la version que l'on entend dans le film est plus stylisée, plus émouvante et plus intime encore que celle de son concert à Sao Paulo.

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CAETANO VELOSO