L´ENFANCE | 1960-80 | 1980-85 | 1985-90 | 1990-95 | 1995-2002 | 2002-04 | PRIX

   

A seize ans, il s´installa à Madrid, seul, sans sa famille et sans un sous, mais avec un projet bien précis: Etudier et faire du cinéma. Impossible de s´inscrire à l´Ecole Officielle du Cinéma, Franco venait de la fermer. Vu qu´il ne pouvait apprendre le langage (la forme), il décida d´apprendre le fond, c´est à dire la vie. A la fin des années 60, malgré la dictature, Madrid était pour un adolescent de province, la ville, la culture et la liberté.
"Je me suis habitué (j´ai accepté, comme on accepte la maladie d´un être cher) à la réalité, à Madrid tout n´est pas luxe et divertissement. Les villes ont banlieue et pollution, bruit et misère, mais c'est également de ces imperfections, que parfois, naît leur grandeur".

Il a réalisé de nombreux et divers boulots de manière sporadique, mais ne put s´acheter sa première caméra Super huit avant de trouver un emploi "sérieux" dans la Compagnie Nationale de Téléphone espagnole. Il est resté douze ans comme auxiliaire administratif. Ces années représentent sa véritable formation.

"J´ai grandi, joui, souffert, grossi et me suis développé à Madrid. Toutes ces choses je les ai réalisées au même rythme que la ville. Ma vie et mes films sont liés à Madrid, comme les deux faces d´une même pièce de monnaie".

Le matin (à partir de très tôt) il est en contact avec une classe sociale qu'autrement il n´aurait pu connaître : la classe moyenne espagnole au début de l´époque de la consommation. Ses drames et ses misères. Un filon inépuisable pour un futur narrateur. Durant ces années il ne se cantonna pas à survivre, il aborda beaucoup d´autres choses que son travail d´administratif.

A la fin des années soixante, il écrivit des scénarios de bandes dessinées, collabora avec des revues underground comme "Star", "Víbora" et "Vibraciones", à travers de récits et points de vue sur la réalité. Au cours de l´année 1972, il commença à tourner inlassablement ses premiers courts métrages en Super huit qu'il transporte de Madrid à Barcelone.

"Je commençais à avoir un réel succès avec le Super huit, mais en même temps j´ avais déjà écarté des " authentiques modernes ". Dès lors depuis ces premiers moments j´ ai commencé à me sentir marginalisé au sein même des groupes auxquels j´appartenais par nature".

Ces courts-métrages, sans bande son (doublés par lui-même lors de la projection) ont constitué son école comme cinéaste. Il combina ses premiers pas dans le ciné avec l´ écriture. Il publia par la suite, entre autres, une nouvelle courte ("Le feu aux entrailles "), quelques roman-photos pornos ("Toda Tuya"), de multiples collaborations avec des journaux et des revues: El País, Diario 16 et La Luna… pour celle-ci il créa un personnage féminin, Patty Diphusa, dont les mémoires se publient périodiquement et qui ont été comparées par ses fanatiques à celles de Lorelei de Anita Loos.

"Dès que je prends une camera de Super huit, ma première intention est toujours celle de conteur, de narrateur d´histoires".