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A seize ans, il s´installa à Madrid,
seul, sans sa famille et sans un sous, mais avec un projet
bien précis: Etudier et faire du cinéma. Impossible
de s´inscrire à l´Ecole Officielle du Cinéma,
Franco venait de la fermer. Vu qu´il ne pouvait
apprendre le langage (la forme), il décida d´apprendre
le fond, c´est à dire la vie. A la fin des années
60, malgré la dictature, Madrid était pour un
adolescent de province, la ville, la culture et la liberté.
"Je me suis habitué (j´ai accepté,
comme on accepte la maladie d´un être cher) à
la réalité, à Madrid tout n´est
pas luxe et divertissement. Les villes ont banlieue et pollution,
bruit et misère, mais c'est également de ces
imperfections, que parfois, naît leur grandeur".
Il a réalisé de nombreux et divers boulots de
manière sporadique, mais ne put s´acheter sa
première caméra Super huit avant de trouver
un emploi "sérieux" dans la Compagnie
Nationale de Téléphone espagnole. Il est
resté douze ans comme auxiliaire administratif. Ces
années représentent sa véritable formation.
"J´ai grandi, joui, souffert, grossi et me suis
développé à Madrid. Toutes ces
choses je les ai réalisées au même rythme
que la ville. Ma vie et mes films sont liés à
Madrid, comme les deux faces d´une même
pièce de monnaie".
Le matin (à partir de très tôt) il est
en contact avec une classe sociale qu'autrement il n´aurait
pu connaître : la classe moyenne espagnole au début
de l´époque de la consommation. Ses drames et
ses misères. Un filon inépuisable pour un futur
narrateur. Durant ces années il ne se cantonna pas
à survivre, il aborda beaucoup d´autres choses
que son travail d´administratif.
A la fin des années soixante, il écrivit des
scénarios de bandes dessinées, collabora avec
des revues underground comme "Star", "Víbora"
et "Vibraciones", à travers de récits
et points de vue sur la réalité. Au cours
de l´année 1972, il commença à tourner
inlassablement ses premiers courts métrages en Super
huit qu'il transporte de Madrid à Barcelone.
"Je commençais à avoir un réel
succès avec le Super huit, mais en même temps
j´ avais déjà écarté des " authentiques
modernes ". Dès lors depuis ces premiers
moments j´ ai commencé à me sentir
marginalisé
au sein même des groupes auxquels j´appartenais
par nature".
Ces courts-métrages, sans bande son (doublés
par lui-même lors de la projection) ont constitué
son école comme cinéaste. Il combina ses premiers
pas dans le ciné avec l´ écriture. Il
publia par la suite, entre autres, une nouvelle courte
("Le feu aux entrailles "), quelques roman-photos
pornos ("Toda Tuya"), de multiples collaborations
avec des journaux et des revues: El País, Diario
16 et La Luna
pour celle-ci il créa
un personnage féminin, Patty Diphusa, dont les
mémoires
se publient périodiquement et qui ont été
comparées par ses fanatiques à celles de Lorelei
de Anita Loos.
"Dès que je prends une camera de Super huit, ma
première intention est toujours celle de conteur, de
narrateur d´histoires".
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